Le billet de Jacques Nikonoff
FRANÇOIS HOLLANDE SUR LES PAS DE GEORGE PAPANDRÉOU, JOSÉ SOCRATES ET JOSÉ LUIS ZAPATERO
Jacques Nikonoff est porte-parole du M’PEP et ancien président d’Attac. Derniers ouvrages publiés :
« Sortons de l’euro ! Restituer au peuple la souveraineté monétaire » (Mille et une nuits, 2011)
« La confrontation. Argumentaire anti-FN » (Le Temps des Cerises, 2012).
Il existe deux critères très simples pour juger le programme de François Hollande, candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle. Le premier est de savoir quels sont ses conseillers ; le second est d’en regarder le coût.
En procédat ainsi, on se rend compte aisément que François Hollande fera comme ses camarades « socialistes » George Papandréou en Grèce, José Socrates au Portugal et José Luis Zapatero en Espagne. Tout en évoquant symboliquement des thèmes de gauche, il poursuivra l’austérité engagée par Sarkozy. Du côté du Front de gauche, la réaction a été molle, peut-être parce qu’il lui faut du temps pour analyser les 60 propositions du candidat socialiste. Peut-être, aussi, pour ménager une participation du Front de gauche à un éventuel gouvernement « socialiste » ? Il faudrait que le Front de gauche s’exprime clairement et vite sur ce point en annonçant que le programme de François Hollande ne peut pas permettre la participation gouvernementale du Front de gauche. La précision est urgente et importante, car au PCF, par exemple, certains dirigeants semblent prêts à renouveler l’expérience désastreuse de la « gauche plurielle ».
Ainsi, l’Humanité datée des 27 et 28 janvier a interviewé Sébastien Jumel, maire PCF de Dieppe (76). Pour ce dernier, le projet du candidat PS « va dans le bon sens, mais ne répond pas totalement aux préoccupations sociales ». De plus, cet élu a « le sentiment que François Hollande prend en compte un certain nombre de thématiques que nous développons depuis un bout de temps ». Pour étayer son point de vue, Sébastien Jumel prend l’exemple de la finance dont Hollande a fait son « adversaire ». Le maire de Dieppe continue en se réjouissant que « François Hollande prenne un virage à gauche », car « il y a des pistes intéressantes ». Cependant, Sébastien Jumel affirme : « je reste quand même un peu sur ma faim » ! Ouf !
L’entourage de François Hollande le disqualifie d’emblée pour mener une politique de gauche
Il n’est même pas utile de lire le programme du candidat du PS quand on sait qui l’a écrit. Ceux qui ont tenu la plume, en effet, sont des agents du système, c’est-à-dire les obligés des milieux d’affaires.
Pierre Moscovici, le directeur de campagne de François Hollande, ancien ministre des Affaires européennes, fédéraliste et européiste convaincu, est vice-président du Cercle de l’Industrie. Il s’agit d’un lobby patronal, notamment partenaire du MEDEF. Les milieux patronaux ont trouvé en Pierre Moscovici un excellent représentant de commerce, dévoué et travailleur.
Manuel Valls, député-maire PS d’Évry, est directeur de la communication de François Hollande. Il est membre du Groupe de Bilderberg, l’une des plus célèbres boite à idée patronale du monde. Le vicomte Etienne Davignon, connu pour avoir massacré la sidérurgie française, président de ce lobby, explique que le député socialiste a été choisi parce qu’il était un « socialiste ouvert » et « pour lui ouvrir les yeux sur certains points ». Le vicomte ajoute que « On n’est pas là pour faire sa promotion, mais il n’est pas exclu que cela lui soit utile […] Certains de nos invités ont un destin ». Manuel Valls, effectivement, est un des agents des milieux patronaux les plus doués de sa génération au sein du PS.
Avoir des « socialistes » pour faire le « sale boulot » (les politiques d’austérité) est une technique assez classique. On l’a expérimentée en France à partir de 1982-1983, et on a vu le résultat en Grèce, en Espagne et au Portugal. Avec Moscovici et Valls occupant des postes clé de la campagne de Hollande, on aura compris, sans le lire, que le programme du candidat socialiste ne sera pas de gauche et ne pouvait pas l’être. Tout en prétendant le contraire pour attirer les gogos.
Le chiffrage du programme de François Hollande témoigne de son orientation néolibérale
Inutile d’entrer dans le détail, le programme de François Hollande est fait de mesures symboliques donnant de petits signes à la gauche par une rhétorique adaptée, et à la droite pour les mêmes raisons. Tout le monde est servi. Ce n’est pas en mettant en avant telle ou telle mesure particulière que l’on peut juger le programme de François Hollande. Il faut aller à l’essentiel qui est son financement. Le constat est accablant : 30 milliards d’augmentations d’impôts pour financer le déficit public et 20 milliards de mesures nouvelles. Le tout sur les cinq années du mandat. Soit respectivement 6 et 4 milliards d’euros par an ! Une misère !
Premier constat : la priorité est donnée au remboursement de la dette, c’est-à-dire des spéculateurs. En aucun cas la France ne pourra connaître une embellie de l’emploi et un redressement de la protection sociale, puisqu’une grande partie des ressources du pays ira alimenter les banques et autres spéculateurs. Il fallait annoncer l’annulation de la dette et ensuite sa restructuration afin de sanctionner les coupables de la spéculation en ne les remboursant pas. Messieurs Moscovici et Valls, têtes de pont des milieux patronaux au sein du PS, ont bien œuvré en faveur de leurs employeurs.
Deuxième constat : les 20 milliards d’euros de mesures nouvelles (4 milliards par an), sont une goutte d’eau par rapport à ce qu’il conviendrait de faire. L’étalonnage, à ce propos, est le partage de la valeur ajoutée entre capital et travail. Le travail a perdu 10% de PIB en 30 ans, soit 200 milliards d’euros par an. Une politique de gauche doit donc s’inscrire dans cette perspective : basculer, en un mandat, ces 200 milliards du capital vers le travail. C’est d’ailleurs le seul moyen pour sortir de la crise, à condition de prendre des mesures protectionnistes dans un cadre internationaliste. Si tel n’est pas le cas, les augmentations de salaires direct ou résultant de la suppression du chômage ne feront qu’alimenter des importations massives. Et ceci au moment où la dette ayant les conséquences les plus graves pour la France est la dette du commerce extérieur (75 milliards d’euros en 2011).
Ajoutons, pour accabler encore un peu plus ceux qui seraient tentés par le vote Hollande (ou Sarkozy, Bayrou, Joly, c’est-à-dire, à peu de choses près, du pareil au même), que ce programme minimal ne verra même pas le jour. Il repose, en effet, sur des hypothèses de croissance du PIB totalement à côté de la plaque. Ainsi, page 40 du programme de François Hollande, on peut lire que les hypothèses de croissance sont de 0,5% (2012), 1,7% (2013), 2% (2014), 2,5% (2015), 2,5% (2016) et 2,5% (2017). François Hollande fait comme s’il ne savait pas que la Grèce allait faire défaut et sortir de l’euro en 2012, suivie probablement par le Portugal. Que vers la fin du printemps ou au début de l’été, l’Italie allait se trouver dans de très graves difficultés, suivie de l’Espagne. Tout ceci va aggraver la crise et peser sur la croissance économique. Les prévisions de François Hollande ne seront jamais atteintes, et le candidat « socialiste », comme ses amis Papandréou, Socrates et Zapatero, nous expliquera qu’il faut se serrer la ceinture. Et nous nous retrouverons, une fois de plus, dans le cycle bien connu des alternances depuis le tournant de la rigueur de 1982-1983…
Députés palestinein en prison
Communiqué de l'AFPS
Après Aziz Dweik, Marwan Barghouti : liberté pour les députés palestiniens !
http://www.france-palestine.org/Apres-Aziz-Dweik-Marwan-Barghouti
L'Association France Palestine Solidarité (AFPS) se félicte qu’« Amnesty International » vienne de prendre une initiative internationale positive pour exiger la libération du président du Parlement palestinien, Aziz Dweik, et des 20 autres parlementaires palestiniens placés en détention administrative.
C’est un fait unique au monde : il y a au total 132 membres au Parlement palestinien et 27 au total sont actuellement emprisonnés. Au mépris de leur immunité parlementaire, ce sont donc 20% des membres du Parlement palestinien qui connaissent cette situation ! Rapporté à la France, cela équivaudrait à ce que 200 parlementaires soient en prison. Pouvons-nous imaginer cela une seule seconde ?
Mais visiblement ces mesures contraires à la démocratie ne suffisent pas. C'est Marwan Barghouti qui est maintenant l’objet de mesures punitives supplémentaires, dont une nouvelle mise en isolement carcéral. Pourquoi ? Parce qu’il a osé déclarer devant la presse que « Si Israël retournait aux frontières de 1967, le conflit serait terminé. » Des propos limpides mais insupportables pour les dirigeants israéliens. Pourquoi ?
Ainsi, une nouvelle fois, les hommes et les femmes qui tout à la fois résistent à l’occupation, qui sont favorables à l’unité inter-palestinienne et qui proposent la paix sur la base du droit sont spécialement visés aujourd’hui par Israël qui a peur de ces voix porteuses d’espoir et de paix.
Nous ne pouvons accepter ces mises en cause et l’emprisonnement de ces parlementaires légalement élus. Nous dénonçons ces pratiques contraires fondamentalement au droit qui sont aussi destinées à saboter les efforts d’unité nationale du peuple palestinien.
Nous nous adressons solennellement aux dirigeants français et européens pour qu’ils agissent, comme ils en ont les moyens, notamment avec la suspension de l’Accord d’association UE-Israël, dont l’article 2 est une fois de plus clairement violé par Israël, pour qu’il soit mis fin à ces pratiques inhumaines et ces emprisonnements illégaux.
En même temps que nous assurons leurs familles de notre solidarité, nous exigeons haut et fort la libération de Marwan Barghouti, d’Aziz Dweik et des 25 autres parlementaires palestiniens. Leur place n’est pas en prison mais au Conseil législatif palestinien dont les travaux sont délibérément entravés par cette situation insupportable.
Nous prendrons des mesures adaptés pour que montent ces exigences conformes au droit et à la paix. Ca suffit ! Ca suffit amplement !
Liberté pour les parlementaires palestiniens !
Le bureau national,
Paris, le 28 Janvier 2012
Association France Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris
Tél. : 01 43 72 15 79
Fax. : 09 56 03 15 79
Suivez l'AFPS sur www.france-palestine.org, Facebook et Twitter
L'école et le chômage des jeunes
ÇA N’EST PAS L’ÉCOLE QUI FABRIQUE LE CHÔMAGE. TOUS À LA MANIF’ LE 31 JANVIER
Par le Mouvement politique d’éducation poplaire (M’PEP).
Le 27 janvier 2012.
France 2, mercredi 4 janvier 2012, journal de 20 heures. David Pujadas : « Voici, sans aucun doute, l’une des racines du chômage structurel qui handicape la France : l’échec scolaire et ses 2 à 300 000 élèves qui sortent du système scolaire sans diplôme. »
Est-il bien vrai que les causes structurelles du chômage ont un rapport avec le niveau de qualification de la population ? Le rôle premier de l’école est-il de fabriquer des personnes employables ? L’exclusion fabriquée par le système scolaire français n’est-il pas pour partie le résultat de son pilonnage par les politiques libérales et par l’idéologie libérale ?
Le « chômage des jeunes » : un arbre médiatique pour cacher la forêt du réel
Les libéraux et leurs médias répètent à l’envi qu’il y a un problème de « chômage des jeunes », de « chômage des seniors », de « chômage des personnes handicapées », etc. Pour monsieur Sarkozy, pour monsieur Hollande et pour l’ensemble des libéraux, la cause du chômage chez les jeunes serait l’inadaptation du système scolaire au marché de l’emploi. Pour le chômage des « seniors », la faute s’en trouverait dans le coût de l’embauche (c’est-à-dire le coût du travail). Ce discours vise à faire diversion sur les causes réelles du chômage en tant que phénomène structurel et donc sur les remèdes à y apporter. En trouvant des boucs émissaires, ils tentent :
- de porter de nouveaux coups à la République à travers son école et le code du travail des salariés.
- de faire oublier 40 ans de chômage structurel de masse.
- de taire le fait que le chômage est inscrit dans la stratégie patronale pour re-discipliner un salariat qui était de plus en plus organisé depuis la fin du XIXe siècle.
- de ne pas dire que le chômage est lié à la mise en place d’une monnaie forte (l’euro) qui a pour but de préserver le capital des plus riches de toute baisse provoquée par l’inflation.
- de présenter le chômage comme un phénomène apolitique, alors qu’il est le produit du « marché de l’emploi » spécifique à la société capitaliste, qui, comme son nom l’indique, rabaisse le travail humain au rang d’une vulgaire marchandise.
Quels que soient les chiffres du chômage dans notre pays depuis quarante ans, la part des 25 ans et des plus de 50 ans parmi les chômeurs a toujours été plus importante pour une raison qui tient à l’essence même du « marché du travail » : une logique de concurrence. Les jeunes qui arrivent sur ce marché ont moins d’expérience à faire valoir que les demandeurs d’emploi qui ont un CV mieux garni. Quant aux plus anciens, ils coûtent plus cher et sont moins malléables. Dans la même logique de concurrence, les femmes et les personnes handicapées, jugées moins productives, connaissent un chômage plus fort.
Si le chômage était résiduel, un discours visant à faire baisser le chômage des plus jeunes s’entendrait parfaitement. Dans la situation d’un chômage structurel de masse, cela n’a pas le même sens. Le chômage affecte l’ensemble de la société, l’ensemble du monde du travail. Il affecte même indirectement les gens qui ont un emploi. C’est donc au chômage dans son ensemble et à ses causes qu’il faut s’attaquer. Le M’PEP propose une stratégie pour mettre fin au chômage en un seul mandat et propose que le droit à l’emploi devienne un droit opposable car c’est un droit constitutionnel. Lire à ce sujet :
http://www.m-pep.org/spip.php?article1035
Il y a en réalité une surqualification des demandeurs d’emploi
Selon certaines sources le niveau de connaissance d’un bachelier d’aujourd’hui serait comparable à celui d’un ingénieur de 1950. Le niveau général de connaissance et de qualification de l’ensemble de la population scolaire aurait considérablement augmenté depuis l’après-guerre, avec des nuances en fonction des domaines. Et c’est globalement une des grandes réussites du système scolaire. Le niveau des besoins en qualification des entreprises a suivi une courbe bien moins pentue. A tel point que de très nombreuses personnes en France sont sous-employées par rapport à leur niveau de qualification. Le décrochage scolaire ne signifie donc pas que ceux qui sortent sans qualification ont un niveau de connaissance et de compétence égal à zéro. Cela signifie qu’ils n’ont pas atteint le niveau de qualification qui leur permet de faire jeu égal avec les autres dans la compétition pour l’emploi.
Cette compétition bénéficie grandement aux employeurs qui peuvent embaucher pour le même salaire sur un poste donné une personne sans qualification ou une personne qualifiée. Ils peuvent mettre en concurrence les niveaux de qualification et tirer le coût du travail vers le bas. Dans la situation de chômage de masse que nous connaissons depuis 40 ans, les diplômes ne garantissent plus l’accès à l’emploi, ce qui aggrave la situation de ceux qui n’en n’ont pas. La compétition mondialisée des économies sert de justification à cet immense gâchis.
Au total, la mise en concurrence des travailleurs européens entre eux et avec le reste du monde provoque l’augmentation du chômage. En effet, les entreprises embauchent là où les salaires sont les moins élevés.
Y a t-il une inadaptation des qualifications par rapport au marché de l’emploi ?
On entend dire régulièrement que certains secteurs du marché du travail ne trouvent pas assez de personnes à employer et qu’il y aurait donc un décalage problématique entre la formation scolaire et les besoins des entreprises. Cet argument est avancé par le patronat pour développer une dépendance toujours plus grande des salariés vis-à-vis du monde de l’entreprise. On a même vu une régionalisation de certains diplômes pour coller aux besoins de grandes entreprises locales. L’idéal pour le patronat serait que l’entreprise assure une formation et une qualification internes, spécifique à un poste, mais que le coût en soit assumé par la collectivité. C’est bien sûr l’exact contraire qu’il faut défendre au nom d’une école républicaine : une qualification qui assure à toute personne une grande autonomie et une haute polyvalence. Quant à l’adaptation au poste, le coût doit rester entièrement à la charge de l’entreprise.
Il est exact que certaines filières de formations manquent de candidats. Mais ce phénomène est à la marge et n’est pas significatif parmi les causes du chômage. Dans ce cas, il faut interroger le niveau des salaires et les conditions de travail. Certains métiers, dont celui d’ouvrier, ont été volontairement dévalorisés par l’idéologie libérale pour effacer la culture ouvrière (et ses valeurs) de l’imaginaire collectif. Rien d’étonnant par conséquent que les jeunes d’aujourd’hui méprisent parfois certains corps de métiers ou en ignorent même l’existence.
L’élitisme du système éducatif
Le « décrochage scolaire », c’est-à-dire la sortie du système scolaire sans qualification, trouve sa source dans les causes générales de l’échec scolaire. Le premier facteur de l’échec scolaire est l’origine sociale des élèves. Cela a toujours été le cas pour la raison que l’école n’a jamais eu pour objectif, contrairement à ce qu’on lit et à ce qu’on entend très fréquemment, de permettre « l’ascension sociale » des personnes. Seuls 1% des enfants d’ouvriers accèdent aux grandes écoles depuis l’après-guerre. Et une quantité négligeable de ces 1% en sortent diplômés (la plupart ne parviennent pas au terme du cursus).
L’école française a toujours été élitiste. C’est d’ailleurs dans sa capacité à faire émerger des élites qu’elle est la plus réputée. La reproduction sociale des élites et de la pyramide sociale par l’école est une constante du système scolaire. Dans un système élitiste, il ne peut pas y avoir un égal accès aux diplômes ! Pour mettre fin à l’échec scolaire, il faut sortir des logiques élitistes – ce qui n’empêcherait aucunement la sélection par la qualification.
« L’égalité républicaine ne peut exister dans un pays où les lois civiles, les lois de finance, les lois de commerce rendent possible la longue durée des grandes fortunes. » Condorcet, 1787.
Le productivisme appliqué de manière croissante à l’enseignement
On ne peut que s’inquiéter de l’augmentation du nombre d’élèves en échec scolaire, même si les chiffres existants se contredisent. Cependant, ce phénomène semble assez probable, pour la raison qu’il y a une aggravation de la compétition dans l’accès aux qualifications liée à l’aggravation de la compétition dans l’accès à l’emploi. Plus l’accès à l’emploi est difficile, plus l’école se comporte de manière sélective si elle est dans une recherche d’adaptation aux besoins du patronat. Or, c’est bien dans ce sens que se font les réformes successives.
- Le principe des « niveaux de compétences » se substitue peu à peu au principe des diplômes et de métier. D’où ce concept provient-il ? Les grandes entreprises capitalistes ont besoin d’un personnel facilement mobile et interchangeable au sein de l’Union européenne. On sait déjà que la dérégulation inscrite dans les traités de libre-échange met les travailleurs européens en concurrence les uns avec les autres, et par conséquent, font augmenter le chômage et tirent les droits sociaux vers le bas. Mais il reste que les diplômes nationaux freinent cette mise en concurrence internationale en raison de leur imparfaite équivalence. Le principe de « validation de niveaux de compétences » harmonisés à l’échelle européenne est le résultat du travail de lobbying des grandes entreprises européennes en direction de la commission européenne chargée des systèmes scolaires nationaux (longtemps présidée par la socialiste Édith Cresson).
- Le « recentrage sur les fondamentaux », c’est-à-dire dans la conception élitiste des libéraux, les mathématiques et le français. Un bachotage permanent complété par un infernal dispositif d’évaluation des élèves, survalorise la performance personnelle. Les conséquences en sont à la fois une baisse de l’enseignement des connaissances générales et la disparition de toute référence au plaisir d’apprendre. Tels sont les effets du remplacement d’une vraie pédagogie par les préceptes productivistes. Une conception des finalités de l’enseignement et de la scolarité calquée sur celle du travail, avec les mêmes conséquences : une recherche de la productivité conduisant à l’explosion des maladies « professionnelles » (dans le cas de l’école : les « dys » - dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, dysorthographie, etc.), symptômes de l’inadaptation au système. La réforme réactionnaire du système psychiatrique en cours dans le cadre européen (enfermement autoritaire et isolement des patients) est la réponse du système libéral aux destructions psychiques provoquées dans la population par la recherche sans fin de plus de productivité. Des expérimentations sont d’ailleurs en cours dans les écoles, à la demande des institutions européennes, pour détecter dès la petite enfance les signes de l’inadaptation et leur traitement par la psychiatrie. Tel se présente le dangereux mouvement pour la médicalisation de la difficulté scolaire.
- « L’assouplissement » de la carte scolaire, s’inscrit dans une logique de concurrence généralisée basée sur les résultats : concurrence des établissements, des enseignants et des élèves.
Le changement des missions du système scolaire se fait dans une optique antirépublicaine
Bien qu’élitiste, le système scolaire républicain avait historiquement une mission émancipatrice : donner aux individus les moyens intellectuels de comprendre le monde dans lequel ils vivent, leur permettre de s’insérer dans ce monde et disposer d’outils conceptuels pour intervenir sur ce monde. Même si cette perspective était loin d’être parfaitement réalisée, les libéraux n’ont eu de cesse de la remplacer par la fabrication de futurs salariés dociles et adaptés aux besoins de la sphère productiviste-marchande. Ainsi, les changements successifs des programmes scolaires ont introduit des principes antirépublicains :
- la notion de minimum scolaire (« socle commun ») visant prioritairement les élèves des milieux défavorisés a été développée dans le même temps que les moyens de l’aide (en personnel qualifié) aux élèves étaient dramatiquement réduits, traduisant un renoncement radical d’avec une école égalitaire ;
- l’enseignement obligatoire de l’anglais et de la culture anglo-saxonne dès les petites classes, en lieu et place d’une initiation à la diversité des langues vivantes et à l’ouverture sur le monde. L’anglais est la langue utilisée par le système économique marchand dans une optique colonialiste. Aujourd’hui, c’est la langue de la mondialisation libérale, celle des patrons des grandes firmes transnationales. C’est par conséquent celle que les salariés doivent maîtriser pour permettre à l’entreprise de conquérir de nouveaux marchés extérieurs. Celle qu’ils doivent maîtriser pour être « transplantables » d’un pays à l’autre et pour être plus facilement interchangeables. Il y a aujourd’hui plus de mots en anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots en allemand durant l’Occupation.
La vassalisation des enseignants et la caporalisation du pouvoir au sein des établissements. En 1951 le pouvoir politique a mis en place un statut des enseignants dans le but de leur permettre de remplir leur mission laïque et de les protéger des pressions religieuses, politiques et marchandes. Ce statut est régulièrement attaqué, comme l’est l’ensemble des statuts de la fonction publique. L’annonce faite récemment de la mise en place d’une évaluation des enseignants par leur chef d’établissement (en lieu et place d’un personnel spécifique extérieur à l’établissement) est le résultat d’une volonté d’installer un caporalisme en lieu et place de toute forme collégiale de prise de décision ; les hôpitaux et les universités connaissent une semblable dérive.
L’affaiblissement des principes de service public d’éducation
La suppression massive des moyens affectés à l’école (80 000 postes supprimés depuis 2005) fait augmenter les effectifs dans les classes et amenuise dramatiquement les moyens de l’aide aux enfants rencontrant des difficultés. C’est le résultat du non-remplacement d’un fonctionnaire partant en retraite sur deux inscrits dans la RGPP (révision générale des politiques publiques). Cette loi est une traduction dans le droit national des traités européens visant à l’affaiblissement des services publics au bénéfice des services marchands. Pour preuve, il suffit de voir comment fleurissent les grandes sociétés privées de soutien scolaire et de connaître les lois mises en place ces dernières années pour faire financer les écoles privées par l’argent public.
La surveillance sociale
L’Éducation nationale a grandement augmenté ses outils de gestion statistique de la population scolaire grâce à l’informatisation. Tous les élèves ont désormais, dès l’âge de trois ans, un matricule qui ne les quittera plus et auquel sont associés des fichiers rassemblant des données toujours plus nombreuses et précises sur leur parcours scolaire. Des fichiers dont la compatibilité avec les logiciels de la police, de la justice, des services sociaux et de certaines grandes entreprises sont avérés. Des fichiers dont la gestion est d’une telle opacité que même les services désormais vassalisés de la CNIL n’ont pas pu faire autrement que de les dénoncer... dans un silence médiatique assourdissant.
Il y a peu de place pour le hasard dans le système médiatique. Vingt-quatre heures après les propos de monsieur Pujadas, Nicolas Sarkozy annonçait son intention de faire travailler davantage les enseignants sans que cela coûte plus cher à l’État, en prétextant l’urgence de l’échec scolaire. Et des réformes du système scolaire pour faire baisser le « chômage des jeunes ». Il faut bien comprendre que dans la logique du système libéral européen, l’école ne sera JAMAIS assez adaptée aux besoins du patronat.
L’école ne doit pas servir à formater un simple travailleur-marchandise. Elle doit former le citoyen complet, cultivé, ouvert sur le monde et aux autres. Ce sont ces citoyens, par leurs exigences issues de leur formation, qui détermineront les biens et services à produire en fonction de l’intérêt général national et international. Ce n’est évidemment pas l’économie marchande, fondée sur la recherche du profit privé maximal à court terme, qui doit indiquer les qualifications dont elle a besoin.
Front de gauche et le M'PEP : ouverture
LE PARTI DE GAUCHE SE FÉLICITE DE LA POSITION ÉLECTORALE DU M’PEP
Communiqué du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).
Le 30 janvier 2012.
Le Parti de gauche a été la première organisation du Front de gauche à se féliciter de la position électorale prise par le M’PEP. Ce parti, en effet, a publié le 26 janvier sur son site le communiqué suivante :
« L’unité s’élargit : le M'Pep soutient Jean-Luc Mélenchon.
Le Parti de Gauche s’est félicité de la décision du M’Pep ‘‘d'appeler à voter pour Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle’’. Même s’il s’agit d’un soutien défini comme “critique”, c’est une preuve de plus de l’élargissement autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Comme c’est le cas dans déjà beaucoup d’endroits, nous appelons les militants du M’Pep à s’associer à cette bataille dans les assemblées citoyennes. »
Rappelons que le M’PEP a tenu un congrès les 14 et 15 janvier pour définir sa position aux élections de 2012. Il a regretté, lors de ce congrès, le refus du Front de gauche de l’intégrer en son sein au motif de divergences de vue principalement sur la question européenne. Le M’PEP considère en effet qu’il faut abattre l’ordre monétaire libéral et recouvrer la souveraineté monétaire par la sortie de l’euro, de l’Union européenne et le retour au franc ; le Front de gauche considérant quant à lui, au contraire, qu’il fallait défendre l’euro et transformer l’Union européenne de l’intérieur.
Malgré ces divergences, parce que le Front de gauche est le seul rassemblement à la gauche du PS, le M’PEP a voté à une large majorité pour un soutien critique à Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, et en principe aux candidats du Front de gauche aux législatives.
Le M’PEP présentera néanmoins plusieurs candidats aux élections législatives dans des circonscriptions où seront candidats les principaux dirigeants du Front national. Le M’PEP attend un soutien actif du Front de gauche dans ces circonscriptions, afin de donner à l’unité la diversité qui l’enrichit.
L’invitation faite par le PG au M’PEP de participer aux « assemblées citoyennes » sera honoré : dès à présent les fédérations départementales du M’PEP sont invitées à venir exposer leur point de vue dans ces assemblées. En outre, le M’PEP renouvèle sa proposition de venir exposer dans les meetings nationaux, régionaux et départementaux, les raisons pour lesquelles il soutient le Front de gauche, malgré les divergences qui ont été établies.
Université Ch'ti guevara : sortir de la crise ?
PRENEZ DE BONNES RESOLUTIONS POUR 2012, VENEZ EN NOMBRE A L’UNIVERSITE POPULAIRE CHTI GUEVARA !
Nouvelle conférence de l'université populaire le 27 janv. 2012
Peut-on sortir de la crise de la dette sans sortir du capitalisme ?
Que se cache-t-il derrière cette CRISE, présentée à souhait comme une affaire de spécialistes échappant par principe au débat public ?
L’université populaire Ch’ti Guevara souhaite contribuer à donner quelques clés, afin de restituer ces questions économiques au débat politique.
Ainsi, la dette publique est-elle le prix de notre insouciance ou le but inavoué d'une véritable volonté politique ?
Est-il anodin que les peuples, et en particulier le peuple de Grèce, soient réduits aujourd'hui à un "esclavage pour dettes", après l’avoir aboli il y a… 2500 ans ?
Dès lors, cette crise dite "de la dette souveraine" n'est-elle pas le symptôme, voire l’ultime ruse d’un capitalisme en crise ?
Existe-t-il alors une alternative de gauche à l'austérité sans fin à laquelle il faudrait se résigner, alternative audible par les classes populaires tentées d’écouter à LENS comme ailleurs, les sirènes de la droite populiste ?
En particulier, y a-t-il une sortie possible de l’Euro par la porte à gauche, une alternative pour reconstituer les acquis sociaux, le produire en France, les services publics et la souveraineté des peuples ?
Nos invités :
- Rémy HERRERA, économiste enseignant à la Sorbonne, auteur en particulier d’« un autre capitalisme n’est pas possible » (l’ouvrage sera sur notre table de presse).
- Michèle DESSENNE coresponsable nationale du M'PEP, favorable à une sortie de l’euro (Le M’PEP : « Mouvement Politique d'Education Populaire » que nous avions déjà invité à LENS, en la personne de Jacques NIKONOFF)
- Georges GASTAUD, philosophe marxiste, auteur de « Patriotisme et internationalisme », etc. (table de presse)
date : le vendredi 27 janvier à 18h
lieu : centre social A. Dumas, rue G. Courbet 62300 LENS (sortie "grande résidence") (ici)
La confrontation. Argumentaire anti-FN
"La confrontation. Argumentaire anti-FN" Jacques nikonoff (Le Temps des Cerises).
Après « Sortons de l’euro. Restituer la souveraineté monétaire au peuple » (Mille et une nuits) publié en mai 2011, le nouvel ouvrage de Jacques Nikonoff et du M’PEP s’intitule « La confrontation. Argumentaire anti-FN » (Le Temps des Cerises).
Ce livre offre un argumentaire implacable contre le programme de Marine Le Pen et du Front national. Il prend le contrepied d’une certaine gauche enfermée dans l’insulte et le jugement moral contre le FN dont on voit aujourd’hui l’échec total. Au contraire, « La confrontation » développe un argumentaire serré pour déconstruire l’idéologie et le programme du FN. En même temps, cet ouvrage est un réquisitoire contre les journalistes interrogeant Marine Le Pen (Joffrin, Pujadas, Lenglet…) qui, sous couvert de vouloir démasquer le FN, font en réalité son jeu.
Pour commander « La confrontation. Argumentaire anti-FN », adressez-vous à votre libraire habituel.
aéroport Notre Dame des Landes
LE PROJET D’AÉROPORT NOTRE DAME DES LANDES N’A AUCUN FONDEMENT ÉCONOMIQUE
Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).
Le 21 janvier 2012.
Le M’PEP s’est associé à l’appel pour dénoncer le projet du nouvel aéroport Notre Dame des Landes (NDDL) près de Nantes :
http://www.m-pep.org/spip.php?article2009
Ce projet est devenu en quelques années un emblème national d’une aberration sociale, économique et écologique, conjuguant une gabegie des finances publiques, un déni de démocratie locale et un gâchis écologique en supprimant 2 000 hectares de terres agricoles à 30 km au nord de Nantes.
Le projet d’État est porté par les élus socialistes de la Région Pays-de-la-Loire, du Conseil général de Loire-Atlantique et de la ville de Nantes en la personne de son maire, Jean-Marc Ayrault, par ailleurs président du groupe socialiste à l’Assemblé nationale et fervent soutien à François Hollande. La réalisation du projet a été confiée au groupe Vinci, premier groupe mondial de concessions et de construction (35 milliards de CA en 2010), connu pour sa gestion d’autoroutes et de parkings (souterrains en ville, gares TGV, « covoiturages » près des péages d’autoroute…). Le groupe Vinci est le constructeur désigné de la ligne LGV Tours-Bordeaux dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) et partenaire plus que douteux dans la construction de l’autoroute Moscou – Saint Petersbourg :
La construction d’un nouvel aéroport à la place de l’aéroport existant Nantes-Atlantique fait l’objet d’une vive opposition locale au sein du collectif d’associations, comme l’ACIPA (http://acipa.free.fr/) et Solidarité écologie, qui regroupe, entre autres, un collectif de près de 1 000 élus (CéDpa – le Collectif d’élu-e-s Doutant de la pertinence de l’aéroport de Notre Dames des Landes-), représentant de nombreuses sensibilités politiques allant du NPA à Europe Écologie les Verts, du Parti de Gauche au Modem (http://aeroportnddl.fr).
Les élus favorables au futur aéroport NDLL opposent une fin de non recevoir aux arguments avancés par une opposition grandissante au projet. Ceci suscite interrogations, manifestations, débats publics et demande d’une étude économique indépendante. Le collectif d’élus opposés au projet a sollicité un cabinet d’étude européen néerlandais (CE Delft, www.cedelft.eu) pour réaliser une double expertise :
(i) passer au crible l’analyse économique de l’enquête d’utilité publique de 2006 qui concluait à un bénéfice global pour la collectivité estimé à plusieurs centaines de millions d’euros,
(ii) comparer les deux solutions suivantes : garder l’aéroport existant ou en construire un nouveau. Les conclusions du rapport sont édifiantes : http://aeroportnddl.fr et http://www.cedelft.eu/index.php?go=home.showPublicatie&id=1191)
Le premier constat de l’étude conclut que le projet du nouvel aéroport NDDL repose sur des bases économiques largement erronées : non-respect de directives nationales, erreurs de calculs qui divisent pratiquement par trois le principal bénéfice de l’analyse économique initiale, zones de flou comme par exemple le coût environnemental (exemple : coût de la gestion de l’eau, coûts de compensation de la suppression ou dégradation des zones humides…), débordement systématique d’optimisme. Au final, en corrigeant les erreurs et exagérations du scénario retenu par les porteurs du projet, la construction de l’aéroport NDDL se solde par un déficit global pour la collectivité estimé à 600 millions d’euros.
La seconde conclusion est encore plus explicite. En comparant les deux solutions (maintenir l’aéroport existant ou en construire un nouveau), garder l’aéroport actuel Nantes-Atlantique en l’améliorant (modernisation de la voie ferrée existante, agrandissement du terminal et des parkings, construction d’une piste transversale pour remplacer à terme celle existante) s’avère être la solution la plus intéressante pour la collectivité, l’opération se solde par un bénéfice global estimé entre 100 et 160 millions d’euros selon que l’on intègre ou non une piste nouvelle.
Il ressort de cette expertise que l’étude socio-économique initiale du projet du nouvel aéroport Notre Dame des Landes n’est pas fiable et qu’un tel programme apportera à la collectivité plus de coûts que de bénéfices. La conclusion pour le collectif d’élus est simple : la Déclaration d’utilité publique du projet annoncée en 2008 doit être abrogée puisqu’elle est fondée sur des données insuffisantes et partiales.
Il est clair que la poursuite d’un tel projet illustre une nouvelle fois, non pas l’incohérence des déclarations publiques, mais la poursuite de la logique de l’emprise libérale sur l’économie. C’est-à-dire privatiser les bénéfices (ceux du groupe Vinci), socialiser les déficits par les impôts locaux, refuser tout débat démocratique, ignorer le coût environnemental par la destruction non motivée de terres agricoles.
Elections 2012
POSITIONNEMENT DU M’PEP
POUR LES ÉLECTIONS DE 2012
LE PARTI DE GAUCHE SE FÉLICITE DE LA POSITION ÉLECTORALE DU M’PEP
Communiqué du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).
Le 30 janvier 2012.
Le Parti de gauche a été la première organisation du Front de gauche à se féliciter de la position électorale prise par le M’PEP. Ce parti, en effet, a publié le 26 janvier sur son site le communiqué suivant :
« L’unité s’élargit : le M’Pep soutient Jean-Luc Mélenchon.
Le Parti de Gauche s’est félicité de la décision du M’Pep ‘‘d’appeler à voter pour Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle’’. Même s’il s’agit d’un soutien défini comme “critique”, c’est une preuve de plus de l’élargissement autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Comme c’est le cas dans déjà beaucoup d’endroits, nous appelons les militants du M’Pep à s’associer à cette bataille dans les assemblées citoyennes. »
Rappelons que le M’PEP a tenu un congrès les 14 et 15 janvier pour définir sa position aux élections de 2012. Il a regretté, lors de ce congrès, le refus du Front de gauche de l’intégrer en son sein au motif de divergences de vue principalement sur la question européenne. Le M’PEP considère en effet qu’il faut abattre l’ordre monétaire libéral et recouvrer la souveraineté monétaire par la sortie de l’euro, de l’Union européenne et le retour au franc ; le Front de gauche considérant quant à lui, au contraire, qu’il fallait défendre l’euro et transformer l’Union européenne de l’intérieur.
Malgré ces divergences, parce que le Front de gauche est le seul rassemblement à la gauche du PS, le M’PEP a voté à une large majorité pour un soutien critique à Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, et en principe aux candidats du Front de gauche aux législatives.
Le M’PEP présentera néanmoins plusieurs candidats aux élections législatives dans des circonscriptions où seront candidats les principaux dirigeants du Front national. Le M’PEP attend un soutien actif du Front de gauche dans ces circonscriptions, afin de donner à l’unité la diversité qui l’enrichit.
L’invitation faite par le PG au M’PEP de participer aux « assemblées citoyennes » sera honoré : dès à présent les fédérations départementales du M’PEP sont invitées à venir exposer leur point de vue dans ces assemblées. En outre, le M’PEP renouvèle sa proposition de venir exposer dans les meetings nationaux, régionaux et départementaux, les raisons pour lesquelles il soutient le Front de gauche, malgré les divergences qui ont été établies
Comment voter ? Chat noir ou chat blanc ?
Vidéo désopilante (dessin animé) et terriblement d’actualité. Elle date de 1944, mais on croirait qu'elle s'adresse au corps électoral français en prévision d'avril/mai 2012.
il s'agit d'un discours de Tommy Douglas en 1944 au Canada.
Tommy Douglas, né le 20 octobre 1904 à Falkirk (Écosse) et décédé le 24 février 1986 au Canada, a dirigé le premier gouvernement socialiste en Amérique du Nord.
BILLET DUR DU PERE DENIS
BILLET DUR DU PERE DENIS LE CONSENSUS ÇA FAIT DES CONS SANS SOUS
Certes, il s'agit d'un slogan à succès dans les manifs, mais il résulte d'une bonne analyse des fondamentaux. Il n'a pas fallu attendre le capitalisme moderne pour vérifier que les intérêts du patron et de celui qui travaille pour lui sont antagonistes. Pour prendre un exemple lointain, qui n'est pas le premier, il est possible de citer les luttes qui avaient opposé à leurs maîtres, les valets des foulons aux environ de 1250 à Paris, le développement de ces conflits inquiétait la Royauté et a conduit Saint Louis à demander à son prévôt Etienne Boileau de rédiger le livre des métiers servant à codifier à partir des usages, les règles que les professions devraient respecter. Quelques centaines d'années plus tard, les accords Matignon, ont conduit à des dispositions « d'ordre public ». Ainsi, aussi loin que l'on remonte dans le temps, les travailleurs qui ne possèdent que leurs bras, leur intelligence, une qualification se voient imposer des devoirs mais n'obtiennent jamais spontanément, la reconnaissance de droits, il leur faut les conquérir, par l'action collective. En survolant l'histoire sociale depuis 1936, on voit bien que quelques période peuvent être considérées comme des « bons crus » pour les travailleurs et voir quelles conditions climatiques et de terroir ont été les plus favorables. La majorité politique du pays, la composition du gouvernement, la force du mouvement social, bref tous les éléments entrant dans la construction d'un rapport de force. Pour faire court, 1936, victoire du front populaire, gouvernement socialiste avec soutien sans participation des communistes, grandes grèves, nombreuses avancées sur la satisfaction des revendications, salaires, congés payés, peu de droits nouveaux pour les syndicats, mais instauration des délégués. En 1945, sur la base du programme du conseil national de la résistance, avec un gouvernement à participation communiste, création de la Sécurité Sociale droit de regard sur la gestion patronale avec les Comités d'entreprise En 1968, immense mouvement de masse, pas de perspective politique, satisfaction des revendications, notamment salariales, et aussi des droits collectifs tels que la reconnaissance de la section syndicale d'entreprise. En 1981, si le programme commun a servi à la mobilisation, il a aussi favorisé les pratiques délégataires, et la victoire politique étant acquise, la mobilisation et les luttes ont été difficiles, les droits nouveaux ont été plus sur le plan individuel que collectif et un certain nombre de conquêtes ont été d'autant plus facile à remettre en cause qu'elles sont apparues comme étant octroyées. Dans le contexte actuel, il n'y a vraiment rien à attendre d'un sommet social, mais le pouvoir et le patronat ont du métier, on fait mine de reprendre une « idée » CFDT et Chérèque retrouve les micros, on téléphone personnellement à Mailly pour lui donner des assurances, et il s'empresse d'expliquer à qui veut bien l'entendre combien il sera vigilant pour les faire appliquer par la grève générale, s'il le faut ! En attendant tout est en place pour réaliser un consensus qui aura l'effet habituel
C'est ainsi que le capitalisme est grand
Père DENIS








