
Richard Gott
Le chapeau de Bolívar
Les leçons d’économie de Chavez pour l’Europe
Il y a quelques années, alors que je voyageais dans l’avion présidentiel de Hugo Chavez avec un ami français du Monde Diplomatique, on nous demanda notre avis sur la situation en Europe. Un mouvement vers la gauche était-il possible ? Nous répondîmes avec le ton déprimé et pessimiste qui caractérisait les premières années du 21ème siècle. Ni au Royaume-Uni ni en France, ni ailleurs dans l’eurozone, nous ne discernions la possibilité d’une percée politique.
« Dans ce cas, reprit Chávez avec un regard pétillant, nous pourrions peut-être vous venir en aide ». Il nous rappela l’époque de 1830 où les foules révolutionnaires arboraient dans les rues de Paris le chapeau de Simón Bolívar, le libérateur vénézuélien de l’Amérique du Sud qui allait mourir quelques mois plus tard. Le combat pour la liberté, dans le style de l’Amérique Latine, était vu comme le chemin à suivre pour l’Europe.
Paris, 1830. Combat dans la rue de Rohan.
Sur le moment, je fus encouragé mais pas convaincu par l’optimisme de Chávez. Ce n’est qu’à présent que je pense qu’il avait raison; il était bon de nous rappeler qu’Alexis Tsipras, le leader du parti de la gauche radicale grecque Syriza, en visite à a Caracas en 2007, avait posé la question de la possibilité de recevoir à l’avenir du pétrole vénézuélien à bas prix, tout comme Cuba et d’autres pays des Caraïbes et d’Amérique Centrale. Il y eut ce bref moment où le maire Ken Livingstone et Chávez manigancèrent un accord pétrolier prometteur entre Londres et Caracas, rompu ensuite par Boris Johnson.
Plus important que la prospection de pétrole bon marché, il y a le pouvoir de l’exemple. Chávez s’est engagé au tournant du siècle, et même auparavant, dans un projet qui rejette les politiques néo-libérales affligeant l’Europe et une grande partie du monde occidental. Il s’est opposé aux recettes de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire International et a bataillé avec force contre les politiques de privatisation qui ont abîmé le tissu social et économique de l’Amérique latine et avec lesquelles l’Union Européenne menace à présent de détruire l’économie de la Grèce. Chávez a renationalisé les nombreuses industries, dont celles du gaz et du pétrole, qui avaient été privatisées dans les années 90.
Les paroles et l’inspiration de Chávez avaient eu un effet au-delà du Venezuela. Elles ont encouragé l’Argentine à dénoncer sa dette; à réorganiser son économie par la suite et à renationaliser son industrie pétrolière. Chávez a aidé le bolivien Evo Morales à administrer ses industries du gaz et du pétrole en faveur de son pays plutôt que des actionnaires étrangers, et plus récemment à stopper le vol par l’Espagne des profits de sa compagnie de l’électricité. Par-dessus tout il a montré aux pays d’Amérique Latine qu’il existe une alternative au seul message néo-libéral transmis sans fin depuis des décennies par les gouvernements et les médias rivés à une idéologie dépassée.
C’est l’heure où ce message alternatif doit être entendu plus loin encore, doit être écouté par les électeurs d’Europe. En Amérique Latine, les gouvernements qui mettent en oeuvre une stratégie alternative ont été élus et réélus constamment, montrant son caractère efficace et populaire. En Europe, les gouvernements de quelque couleur que ce soit qui appliquent le modèle néo-libéral semblent chuter au premier obstacle, montrant que la volonté du peuple ne suit pas.
Lord Byron (Londres 1788- Messolonghi 1824)
Si Chávez et ses coreligionnaires de la nouvelle “Révolution Bolivarienne” ont appelé à un “socialisme du 21ème siècle“, ce n’est ni pour revenir à une économie à la soviétique ni pour continuer l’insipide adaptation social-démocrate du capitalisme, mais comme l’a décrit le président de l’Équateur Rafael Correa, pour rétablir la planification nationale par l’État « en vue du développement de la majorité du peuple “. La Grèce a une occasion merveilleuse de changer l’Histoire de l’Europe et de lancer en l’air ses chapeaux de Bolivar comme le firent les Carbonari italiens à Paris il y a tant d’années. Lord Byron, qui avait l’intention de s’établir dans le Venezuela de Bolivar avant de faire voile pour contribuer à libérer la Grèce, baptisa son bateau « Bolívar »; nul doute que les évènements contemporains lui auraient plu.
Londres, le 16 mai 2012.
URL de l’original : http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/may/16/hugo-chavez-lessons-europe-greece
Traduit de l’anglais par Thierry Deronne


Gardez la Gauche
Deux traités pour couler l'Europe par Dessousdebruxelles
Le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) et Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) décryptés par le Front de gauche (CN-PCF)

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).
Le 17 mai 2012.
Plus souvent vantée pour ses plages et son arrière pays Cévenol, sa nature et son soleil, l'Hérault est pourtant dans la première région en terme de chômage et d'allocataire du RSA. Sur le terrain depuis sa création en 2009, le M'PEP se lance dans la campagne des législatives. Waldeck Moreau, candidat du M'PEP et Véronique Bouazzi, sa suppléante du PRCF, portent dans cette campagne les idées de rupture avec la société capitaliste ou l'individualisme et la concurrence est de règle. Avec un Front national qui arrive dans bien des communes de la circonscription en tête des suffrages, ils entendent démontrer qu'une autre société est possible. C'est une question de volonté politique. Leur candidature est la seule à prôner une sortie du libéralisme en redonnant au peuple sa souveraineté et son devenir. Leur campagne s'articulera sur cinq idées fortes
La démondialisation
La sortie de l'euro et de l'Union européenne
La réindustrialisation
L'emploi avec le droit opposable à l'emploi
La transition écologiques de la production et de la consommation.
Nous vous proposons de suivre Waldeck Moreau et Véronique Bouazzi tout au long de cette campagne des législative, au grès des rencontres avec les habitants de la 9e circonscription de l'Hérault
Immigration - Haut débit par

Fractures françaises ( Christophe Guilluy) - François Bourin
Géographe, consultant pour des collectivités, Christophe Guilluy s’est concentré depuis quinze ans sur la description d’une France périphérique, espace de fragilité sociale situé au-delà des grandes métropoles françaises et de leurs banlieues immédiates.
A la fin de son ouvrage Fractures françaises, décrivant longuement la montée inexorable d’un séparatisme entre classes populaires blanches et classes populaires d’immigration récente, Christophe Guilluy faisait un constat inquiétant: avec un vote de banlieue allant majoritairement à Ségolène Royal et un vote pavillonnaire acquis au candidat Nicolas Sarkozy, les classes populaires votaient, en fonction de leur lieu de vie et de leur origine, différemment pour la première fois. «Tout se passe comme si le lent processus de séparation territoriale débouchait aujourd’hui sur l’expression politique d’un séparatisme culturel», écrivait-il.
La montée du FN et l’omniprésence des thématiques liées à l’immigration dans la campagne nous donnent l’occasion de revenir sur sa grille de lecture du malaise des classes populaires.
Depuis le 22 avril au soir, on reparle beaucoup d'une «France invisible» rurale, industrielle et périurbaine que Marine Le Pen aurait séduit pour parvenir à 17,9%, une population que vous avez décrite dans vos travaux...
Oui, les médias m’appellent car ils cherchent tous du pavillonnaire, surtout en région parisienne. Mais bon, la région parisienne est atypique et les départements pavillonnaires y sont plutôt riches, sauf la Seine-et-Marne… Il faut aller jusqu’aux départements limitrophes de la région, comme dans l’Oise, l’Yonne ou l’Eure-et-Loir pour voir des «prolos».
Quelle est cette «nouvelle géographie sociale» que vous décrivez?
En écrivant avec Christophe Noyé L’Atlas des nouvelles fractures sociales en France en 2004, on a remarqué à travers des indicateurs de fragilité sociale (taux de chômage, proportion d'employés et d'ouvriers, taux de propriétaires précaires...) qu’il se passait quelque chose au-delà des grandes métropoles qui avaient réussi leur intégration dans l’économie mondialisée (selon nos calculs 40% de la population vit dans les 25 plus grandes métropoles les plus actives). Plutôt que de constater comme l’Insee que 95% de la population française vit sous influence urbaine, ce qui ne veut rien dire, je préfère opposer une France métropolitaine à une France périphérique, c’est-à-dire tout le reste.
On ne peut pas résumer ce schéma à des cercles concentriques partant des villes puis passant par les banlieues jusqu’aux zones périurbaines, pavillonnaires et précaires. Cette segmentation marche autour des métropoles les plus actives et les plus mondialisées: Paris, Grenoble, Lyon, Lille, Nantes, mais de nombreuses villes ne sont pas dans cette logique de" métropolisation".
Le reste de cette France périphérique inclut des zones rurales, des petites villes et des villes moyennes. Perpignan fait partie de la France périphérique, comme Charleville-Mézières. On remarque donc que les «quartiers populaires» ne sont en fait qu'une petite partie du populaire.
Quel a été l’accueil de vos travaux ?
On nous a dit qu’on se trompait, parce qu’on parlait de territoires où il n’y aurait que des classes moyennes et des paysans… On ne collait pas avec le discours qui était focalisé sur la banlieue et l’image du pavillon correspondait à celle de la classe moyenne.
Or, ce qui a explosé, c’est que les catégories qu’on croyait être des classes moyennes ne le sont plus. Il s’agit plutôt d’une population qui a pris en pleine gueule la mondialisation, mais concrètement. C’est-à-dire avec une déflation salariale, la précarisation sociale, la paupérisation et la fin de l’ascension sociale pour les enfants, d’où le vote des jeunes prolétaires pour Marine Le Pen.
Marine Le Pen exprime un discours de protection sociale (contrairement à son père) tout en promettant la préférence pour les autochtones. Pourquoi cela fonctionne-t-il?
Je pars d’en bas, c’est-à-dire des classes populaires. Or en partant d’en bas, on croise forcément la question identitaire. Soit on part en courant parce que quelqu’un vous a dit qu’il n’aimait pas les immigrés, soit on essaie de comprendre…
Or la gauche pense que si les gens votent FN, c’est parce qu’ils sont vraiment cons. Quand les experts disent par exemple que ce sont des gens non diplômés, disons les choses clairement: ça veut dire qu’au fond s’ils étaient allés à l’école, avaient réfléchi et qu’ils avaient eu un diplôme, ils voteraient socialiste.
C’est une condescendance que j’ai souvent trouvée en discutant avec le PS. Pourtant au XXIème siècle, qui est le siècle de l'accélération de la mondialisation et de l’émergence des sociétés multiculturelles, on ne peut plus aborder la question sociale sans évoquer la question identitaire.
La gauche est pourtant forte en 2012, y compris chez les classes populaires…
Heureusement. On vient d’une époque où la majorité de l’électorat populaire votait à gauche. Les gens vont voter pour Hollande par rejet de Sarkozy. Mais il y a quand même une fracture sociale importante, par exemple chez les jeunes entre les diplômés des grandes villes et les jeunes prolétaires. Et l’ouvrier de base a compris qu’Hollande n’allait pas changer sa vie, ça ne sera pas vraiment un vote d’adhésion.
Regardons le socle électoral de Marine Le Pen: des actifs de 20 ans à 55 ans, des jeunes, et socialement très majoritairement des ouvriers et des employés. C’est-à-dire la sociologie de la gauche. Si c'est pas une forme de lutte des classes, alors qu’est-ce que c’est? Elle a en plus capté pas mal de voix de femmes, donc on peut avoir une femme caissière et un homme ouvrier qui sont dans le même trip, avec un vote très rationnel par rapport à leurs conditions de vie.
Quant au «J’entends ce cri de colère» lancé par la gauche, c’est la même chose depuis 20 ans, ils ont l’air de découvrir que les ouvriers votent FN. C’est un peu surjoué. Après les élections, ça sera terminé et tout rentrera dans l’ordre. On reparlera des classes moyennes, des banlieues…
Et Mélenchon?
Il est encore au XXe siècle voire au XIXe. C’est plutôt La Bête Humaine et Jean Gabin, il aurait dû mettre une gapette pour aller jusqu’au bout. Il ne manquait plus que l’accordéon.
C’était certes sympa. Je ne dirais pas ça s’il avait obtenu 15% à 20%. Mais à 10, on peut s’interroger. Qu’est-ce qui fait que malgré une offre sociale géniale, un discours fantastique de tribun, les classes populaires ne l’ont pas choisi? Alors qu’il était sur le papier ce qu’il y avait de mieux.
On dit toujours que les classes populaires sont parties du PS parce qu’il n’était pas assez à gauche. Là pour le coup on avait la possibilité de voter bien à gauche. Donc il faut prendre en compte ce constat, mais la gauche refuse malgré tout de le faire.
Que pensez-vous des analyses expertes du vote FN qui défilent depuis dimanche?
On finit toujours pas la même conclusion: ces gens sont trop stupides. On décrit ces gens comme s’ils n’étaient jamais allés à la ville du coin. On peut habiter dans un village d’Alsace et être allé à Strasbourg, ou avoir un cousin qui y vit, c’est de l’ordre du possible! La mobilité et la capacité d'analyse ça peut exister même en milieu populaire! Pour les gens, le rural ce sont des paysans et des retraités, alors que ce sont d’abord des actifs ouvriers et employés.
On est encore dans la condescendance, comme quand on dit «Ben c’est parce qu’ils regardent trop TF1». Après il ne faut pas écarter le racisme, on ne peut pas le nier. Mais il faut quand même réfléchir à ce que sont les flux migratoires et ce que ça suggère comme instabilité culturelle.
Idem sur la question des préoccupations lors de l’élection présidentielle. Même quand on est ouvrier, on peut penser à deux trucs à la fois. Comme vouloir bouffer, se loger, nourrir ses enfants mais comme on a un cerveau, on peut aussi avoir un avis sur l’immigration. Or les flux migratoires ont un impact sur la vie des gens, surtout s’ils sont dans une vision où ils peuvent devenir minoritaires.
On a beaucoup parlé de la gauche… Mais c’est la droite qui semble prendre votre analyse le plus au sérieux. Ca vous fait quoi d’être un homme de gauche lu par la droite?
Je me suis dit que ça allait m’attirer plein d’ennuis... Mais c’est d’abord au PS que j’ai amené cette thèse-là, et j’ai été un peu lu par eux. Mais le problème c’est que j’ai été vite confronté aux gardiens du temple.
Récupéré ou pas, je m’en fiche un peu. J’ai essayé de faire une analyse assez sincère, je savais très bien le risque que je prenais en écrivant dans mon livre un chapitre intitulé «Comment je suis devenu blanc?» C’est quelque chose de fort chez les classes populaires, c’est difficile si on est honnête de passer à côté.
L’expression est un peu convenue mais vous avez brisé une sorte de tabou?
Ça reste très compliqué parce qu’en France on a été élevé avec cette idée que les origines n’existaient pas et que ça n’était pas important. Mais on a tous nos ambiguïtés là-dessus. Pour moi un bobo qui vote Delanoë et contourne la carte scolaire et un prolo qui vote FN, c’est la même chose.
Le rapport des médias à cette question de l’immigration est compliqué?
Un peu… On marche sur des œufs et à gauche on est en territoire interdit. Tant que je faisais des cartes, ça allait. Avec l’essai sur les Fractures françaises, ça a été le black-out. Les journalistes m’ont souvent dit: «C’est super, mais on peut pas vraiment en parler.»
Propos recueillis par Jean-Laurent Cassely

RESF Sète, BASSIN de Thau
19h départ pl. A.Briand-déambulation
20h pique-nique de solidarité.
Devant le Centre de Rétention Administrative CRA de SETE : Quai F. Maillol
Déambulation festive entrecoupée de pauses musicales -expressions artistiques : Textes – Chansons -Apporter un instrument de musique un ustensile pour faire du bruit, une pancarte ou toute autre chose pouvant donner du sens, de la couleur à cette initiative festive, militante et solidaire.
• 19h départ devant le kiosque, place Aristide Briand : Déambulation rue du Gal de Gaulle, Pont de la Civette, rue Euzet et direction quai Maillol • 20h devant le CRA : Pique-nique partagé sorti du sac, prises de parole, poèmes, musiques, performances, art plastique, expressions artistiques et citoyennes
Cette 2ème Fête des voisins de la Méditerranée, qui s’inscrit dans un changement de majorité présidentielle nous conduit à réaffirmer notre engagement avec tous les étrangers, demandeurs de titres de séjour, malmenés par l’empilement de lois liberticides et xénophobes et plus particulièrement avec celles et ceux rejetés dans la clandestinité, arrêtés, enfermés, menacés d’expulsion voire de bannissement quelle que soit leur histoire de vie sur le territoire. Refusons ces politiques du chiffre, de gestion des flux migratoires, qui brisent des vies.
EXIGEONS LA FERMETURE DES CENTRES DE RETENTION ADMINISTRATIVE (CRA)
Rejoignez-nous... Sortez de votre quartier



Vu dans Fakir
Présidentielles françaises
Le bon, la dette et… les truands !
Charlotte GEHIN
Que retenir de cette campagne sinon un silence commun sur la Dette. Chut ! Pas un mot sur les conséquences, en France, de la crise financière européenne. Et pourtant, concernant cette affaire, ce ne sont pas les questions qui manquent.
Quelle voie sera forcée d’emprunter le président et son gouvernement ? The economist, journal quasi officiel de la City, tout au long de la campagne, a martelé la même antienne : « Au lendemain du 6 Mai, le vainqueur, quel qu’il soit, devra s’attaquer brutalement aux déficits », attaque qui débouchera sur un « choc pour les français ».
La soupe à la rigueur
Difficile donc de satisfaire un électorat qui a soif de réformes sociales et qui a voté non à la montée du chômage en considérant comme principal coupable Nicolas Sarkozy.
C’est pourtant bien d’un programme imposé à tous les pays appartenant à la zone euro dont il s’agit aussi pour la France et la recette est connue : Flexibilité du marché du travail, les « famous CDI », contrats uniques(1), démantèlement de l’assurance maladie, de l’assurance chômage, des retraites, des allocations familiales.
Vrai ou faux ? Pour ceux qui en douteraient encore, la réponse réside en un mot : la Dette publique. Grande absente des débats électoraux, alors qu’elle était au faîte de l’actualité juste après le « nécessaire » renflouement des banques(2) ou de la réforme des retraites, la dette publique est pourtant le levier qui fera basculer les autorités politiques vers la rigueur ou non. « Pour plusieurs pays, le nœud coulant de la dette publique s’est serré et ils sont pris à la gorge par les marchés financiers » dénoncent Damien Millet et Eric Toussaint.
Les victimes font grise mine
Sous-couverts du remboursement de leurs créances, envers les organismes privés(3) que les citoyens renflouent chaque jour par le biais des hausses d’impôts et des coupes sociales, le FMI et la Banque Centrale Européenne imposent une gouvernance guidée par la rigueur à tous les membres de l’Europe. « Il n’y a pas de compromis possible » arguait Jacques Sapir(4) sur France Inter. Les premières victimes des plans d’austérité l’ont déjà bien compris. Grèce, Portugal, Irlande…. Ou on arrête de payer la dette, ou on enterre le pays sous la vague de la compression libérale. Dimitris Christoulas(5) portait le deuil de cette triste réalité quand il a appuyé sur la gâchette de son arme. Il criait « pas de dette à mes enfants » et laissait la trace des conséquences bien concrètes des plans de rigueur « Le gouvernement d’occupation a littéralement anéanti tous mes moyens de subsistance, qui consistaient en une retraite digne, pour laquelle j’ai cotisé pendant 35 ans. ». La Grèce, ce pays aujourd’hui incapable de gouverner. En Espagne, déjà, le slogan de l’audit pour la dette est clair « No debemos, no pagamos ! ». En France, ce ne sont pas les 27 milliards d’euros d’économie imposés à l’Espagne qui vont retentir dans le quotidien des citoyens, mais les 80 milliards d’euros intégrés dans le plan du TSCG(6) à son égard. Ce n’est pas non plus un protocole concernant la croissance(7) ajoutée au Traité qui libérera François Hollande des recommandations de la Troika(8). Surtout quand le remboursement du service de la dette dévore 65% des ressources de l’Etat.
Quelle issue ?
La France de François Hollande, « le bon », peut-elle ouvrir ses portes aux émissaires de la Troika « les truands » ? C’est ce que stipulent les forces européennes armées d’un nouveau traité et d’un programme clé en main. Le TSCG porte en lui les germes de la catastrophe : il rend obligatoire le paiement de la dette. L’alternative est donc claire : ou le paiement de la dette est assuré et la protection sociale est disloquée, les besoins sociaux et les services publics sacrifiés(9), ou il y a arrêt du paiement de la dette et droit du travail, droits sociaux et services publics sont préservés. Qui pour porter ces exigences ? Quel front du refus ?
Charlotte Géhin.
Vice -présidente du CADTM France.
http://www.cadtm.org/
(1) Projet de forme unique du contrat du travail qui allégerait notamment les exigences juridiques de licenciement à l’égard de l’entreprise. Projet déjà mis en place en Italie, en Espagne…
(2) La Banque centrale européenne (BCE), financée par les pays membres, accorde des prêts des aux banques, elles-mêmes détentrices des créances des Etats. Rien qu’en Décembre 2011, 523 banques ont emprunté à la BCE près de 500 milliards d’euros pour 3 ans à un taux voisin de 1% lorsqu’elles prêtent aux Etats à des taux variant de 7% pour l’Espagne, jusqu’à 18% pour la Grèce…
(3) Les investisseurs institutionnels : banques, fonds de pension, compagnies d’assurance et autres organismes de placements collectifs.
(4) Economiste à l’école des Hautes Etudes. Il dirige depuis 1996 le Centre d’études des modes d’industrialisation (CEMI-EHESS). Emission Là-Bas si j’y suis, « Les financiers au coin du feu ».
(5) Le 4 Avril 2012, Dimitris Christoulas, pharmacien retraité de 77 ans, s’est suicidé à Syntagma, place principale d’Athènes.
(6) Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance. Il inscrit dans la Constitution des pays la « Règles d’Or », donc un déficit proche de 0 qui oblige à l’austérité, il donne le pouvoir aux autorités européennes non démocratiquement élues, il inclut des clauses de sanctions en cas de déficits. Il prévoit des projets de réforme pour chacun des pays membres et l’envoi d’émissaires pour assurer son bon fonctionnement.
(7) François Hollande a annoncé la renégociation du TSCG. Il la fera avaliser auprès du Conseil Européen. Un compromis entre Hollande et Merkel fait part d’une annexe ajoutée au Traité concernant la croissance.
(8) FMI, Banque Centrale Européenne, Commission Européenne.
(9) Le chantier est déjà en œuvre : RGPP, flexibilité du marché du travail, durée légale, retraites… La révision générale des politiques publiques entamée en 2007consiste en une restructuration des missions et actions de l’État, avec de la mise en œuvre de réformes structurelles (non-remplacement de postes de départ à la retraite etc.). Les mesures de défiscalisation des heures supplémentaires prises par le gouvernement de François Fillon en 2007 avantagent le patronat français.
URL de cet article 16668 http://www.legrandsoir.info/le-bon-la-dette-et-les-truands.htm
Les élections présidentielles ont vu la victoire de François Hollande. L'éviction de Nicolas Sarkozy a été pour nombre de français un grand soulagement.
A présent commence la campagne des législatives.
Dans la 9ème circonscription de l'Hérault, le M'PEP présente un candidat.
Nous sommes un petit mouvement, peu connu du grand public, mais, nous sommes présents depuis plusieurs semaines sur la circonscription et espérons que nos arguments rencontreront un echo auprès de la population, toujours inquiète par la gestion économique de l'Union européenne et l'abandon de notre possibilité à prendre des décisions au plan national.


Waldeck MOREAU
Candidat
Je suis secrétaire national du mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), qui s’est créé en 2008 pour poursuivre le combat du “NON” au TCE de 2005.
Né en 1963, étudiant à l’école supérieure des arts appliqués “Boulle”, j’ai continué mes études d’Architecture à Paris.
Je travaille actuellement dans les arts graphiques. Adolescent, j’ai rejoint la jeunesse communiste, je me suis impliqué dans le mouvement social et j’ai combattu sans relâche une droite toujours plus arrogante. En 2000, je me suis établi à Villeneuve-lès-Maguelone, après avoir passé toute mon enfance en vacances dans l’arrière-pays Cévenol, terre des camisards, de la Résistance et des grandes luttes ouvrières du bassin minier d’Alès. En 2009, j’ai participé avec le Front de gauche à la campagne des européennes. J’ai quitté le PCF, déçu par sa direction et son discours européiste qui tourne le dos aux combats engagés lors des référendums sur le traité de Maastricht (1992) et constitutionel (2005). J’étais candidat sur la liste conduite par René Revol (PG) et François Liberti (PCF) aux régionales en 2010, mais le Front de gauche, en désacord avec nous sur la sortie de l’euro et l’Union européenne, n’a pas voulu du M’PEP pour les élections législatives. Je reste toutefois convaincu que l’unité de la vraie gauche est indispensable.

Véronique BOUAZZI,
suppléante
J’ai 43 ans et je suis mère de trois enfants. Très jeune je me suis impliquée dans la vie politique en adhérant au PCF. J’y suis restée 15 ans. J’ai mené des campagnes importantes notamment contre le Traité de Maastricht en 1992. Ancienne adjointe au Maire à Boulogne-sur-Mer
dans le Pas-de-Calais, j’ai toujours été à l’écoute et au service des plus démunis. Syndicaliste de la CGT en milieu hospitalier où j’occupais un poste de secrétaire médicale, j’ai participé activement aux manifestations contre la réforme des retraites.
Je suis actuellement télé prospectrice. Je milite dans diverses associations, notamment à France Palestine. J’ai rejoint le Pôle de renaissance communiste en France en 2003 afin de défendre les vraies valeurs de la gauche et combattre les injustices, les inégalités et le racisme. Je m’engage auprès de Waldeck Moreau, dans cette campagne des législatives, pour défendre des idées communes partagées par nos deux mouvements.
Partons à la reconquête de notre souveraineté nationale !
Chaque jour qui passe apporte une raison supplémentaire de sortir de l’effroyable système de l’Union européenne et de sa monnaie unique, l’euro, des marchés financiers et du libre-échange imposé par la mondialisation. Le traité de stabilité-austérité Sarkozy/Merkel (TSCG), même renégocié par le parti socialiste, imposera des politiques d’austérite. C’est une nouvelle preuve de la dictature de l’Union européenne.
L’austérité n’est pas une fatalité.
Il est possible d’en sortir. C’est une question de volonté politique.
Pour que chacun vive dans la sécurité il faut, développer les services publics, stopper le chômage et la précarité, changer en profondeur les conditions de travail, redonner un avenir aux jeunes, transformer les modes de production pour respecter les salariés et protéger l’environnement.
Pour mettre en œuvre ces politiques il est indispensable de démanteler les piliers de l’ordre néo- libéral mondial : l’OTAN, le FMI, l’OMC, la Banque mondiale, l’Union européenne. C’est la condition nécessaire pour construire un nouvel ordre international, débarrassé du libéralisme et des profiteurs, fondé sur la paix, la coopération entre les nations et les peuples, la solidarité internationale.
Candidat dans notre circonscription, avec ma suppléante, nous avons le courage de montrer que la crise du système a pour véritable objectif de réduire au silence et à la pauvreté les peuples : en France et dans tous les pays de l’Union européenne.
Votre candidat, Waldeck Moreau
M’PEP !
Dans notre circonscription, Waldeck Moreau et Véronique Bouazzi mènent une campagne conjointe. Ensemble, le M’PEP et le PRCF combattent à la fois l’Union européenne du capital, le MEDEF et ses alliés de droite, le PS et ses satellites qui ont abandonné la souveraineté nationale et ont trahi le monde du travail. Ensemble ils luttent pour sortir de l’Union européenne et de l’euro et pour rétablir la démocratie. Ils combattent l’extrême droite et ses représentants du Front national, qui profite du désarroi social provoqué par la crise et qui prétend défendre les travailleurs, sans jamais s’associer à leurs luttes. Ils dénoncent ses fausses solutions économiques qui empruntent les thèmes de la souveraineté nationale, de la sortie de l’euro pour mieux défendre un capitalisme nationaliste.